Suite à la publication de Révélation$, les députés européens Harlem Désir (PS), Glyn Ford et Francis Wurtz (PCF) ont demandé en 2001 à la Commission européenne si la directive du 10 juin, 1990 (91/308 CE) réglementant les activités financières était bien appliquée au Luxembourg. Harlem Désir a accusé la banque Menatep de détenir un "compte non déclaré" chez Clearstream et reproché des « infractions graves » sur l'utilisation de systèmes financiers pour blanchir des capitaux. Selon lui, « des montants très supérieurs au plafond autorisé ont été virés sur des comptes de Clearstream » et vers des centres offshore [9]. Le commissaire européen Frits Bolkestein leur a répondu que "la Commission n'a aucune raison à ce jour de croire que les autorités luxembourgeoises ne l'appliquent pas [la directive] vigoureusement". Confronté à ces dénégations, les trois députés européens ont publié un communiqué de presse demandant l'ouverture d'une enquête européenne concernant l'application de la directive en question [10].
Enfin, le 26 avril 2006, le quotidien 20 Minutes rappelle le premier refus de la Commission européenne, via l'ancien commissaire Frits Bolkestein qui avait refusé d'accéder aux demandes des députés Harlem Désir, Glyn Ford et Francis Wurtz. En outre, le quotidien (appartenant à une entreprise suédoise) révèle qu'en mai 2005, le député européen Paul Van Buitenen s'est étonné de la présence de Frits Bolkestein au conseil consultatif international de la banque Menatep et de ses travaux pour la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell, deux entreprises accusées de détenir des comptes non publiés chez Clearstream.Paul Van Buitenen demande des "éclaircissements" à la Commission européenne et l'ouverture d'une enquête parlementaire. Mais le président de la Commission, José Manuel Barroso, répond que ces faits « ne soulèvent aucune question nouvelle » et qu'on ignore « si la Menatep a pris contact avec Bolkestein quand il était en fonction ». 20 Minutes rappelait que Paul Van Buitenen était celui qui avait révélé l'affaire de corruption ayant amené à la démission de la commission présidée par Jacques Santer (qui a été premier ministre du Luxembourg) et la déchéance d'Edith Cresson. Contacté par la rédaction de 20 Minutes, Bolkestein n'a pas jugé utile de répondre.
|